L'économie chinoise montre incontestablement des signes de surchauffe. Tandis que l'excédent commercial a bondi au mois d'août de
33% en glissement annuel, à 25 milliards de dollars, les prix à la consommation ont progressé de 6,5% (après une hausse de 5,6% en juillet). Le niveau d'inflation atteint le mois dernier est le
plus élevé enregistré dans l'Empire du Milieu depuis plus de dix ans, et est largement supérieur à l'objectif de 3% que s'était fixé le gouvernement. Après cette statistique
inquiétante, la Bourse de Shanghai a immédiatement piqué du nez, pour clôturer en repli de 5%.
Cette année devrait donc être celle des records. Plusieurs études estiment d'ores et déjà que le montant des exportations sera supérieur d'au moins 250 milliards de
dollars (185 milliards d'euros) à celui des importations, voire 300 milliards. Pour comparaison, l'excédent est ressorti à 177 milliards de dollars en 2006.
L'inquiétude chez les économistes se fait logiquement de plus en plus ressentir. Si la croissance continue à son rythme actuel (11,5% au premier semestre), l'inflation chinoise n'a aucune
raison de se calmer. Et pourrait emporter dans son sillage l'inflation mondiale.
Voilà de quoi inquiéter encore davantage les grands partenaires commerciaux de la Chine, au premier rang desquels les Etats-Unis, pour qui les produits "made
in China" expliquent en grande partie leur déficit colossal.
La polémique sur la faiblesse du yuan n'est donc pas prête de s'apaiser. Une réévaluation de la monnaie chinoise sera donc toujours autant réclamée Outre Atlantique, mais
peut-être bientôt aussi à l'intérieur même du pays.
Pour contenir l'inflation, la Banque populaire de Chine se verra probablement contrainte de poursuivre son durcissement monétaire. En revanche, le relèvement du taux
de change yuan/dollar relève d'une autre sphère, celle de la politique.
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